MUSICOTHÉRAPIE ET DÉPRESSION

Musicothérapie et dépression

Par Christèle HOULMANN

Musicothérapeute, Psychologue, Sophrologue et Psychothérapeute

La dépression est une pathologie qui manifeste des symptômes :

  • psychiques (tristesse, culpabilité, découragement, perte du plaisir, perte d’intérêt jusqu’au risque suicidaire …),

  • physiques (perte d’appétit, perte de sommeil)

  • cognitifs (perte de la mémoire, trouble de l’attention, ralentissement psychomoteur).

Cette maladie peut arriver à n’importe quel âge de la vie. Elle concerne les hommes et les femmes. Elle peut être liée à une perte immédiate et associée à un travail de deuil ou un état plus installé tel que la mélancolie. Les conséquences se ressentent dans tous les aspects de vies (travail, domicile, relationnel…).

Après un diagnostic médical, le traitement se fait par psychotropes et psychothérapie.

La musicothérapie peut être intégrée en complément d’une prise en charge globale de la dépression. La musicothérapie est alors considérée comme une thérapie psychocorporelle complète car elle va pouvoir agir à la fois sur le psychisme, le corps et le cognitif.

Dans le cadre de la prise en charge de la dépression, la musicothérapie pourra être utilisée sous toutes ses formes.

Il n’existe pas de musique ayant une action à proprement parler sur la dépression. Chacun est unique et a un rapport particulier à la musique. Un même morceau entendu ne provoquera pas les mêmes effets. Certain seront détendus, d’autres mal à l’aise. L’important est de pouvoir l’exprimer. Un même morceau entendu dans un autre contexte ne provoquera pas le même ressenti pour soi-même.

  • L’écoute musicale pourra être un support à la détente et la relaxation. Les professionnels l’appellent « relaxation psychomusicale » ou « bande en U ».

    L’écoute musicale pourra aussi être un support à la parole et la verbalisation du ressenti voire l’émergence d’éléments inconscients refoulés. A ce moment-là il est important de pouvoir reprendre avec un psychologue, psychothérapeute ou psychiatre ce qui aura émergé. Lors d’une séance le musicothérapeute peut inviter les patients à : « écouter ce morceau de musique et accueillir les souvenirs, les images, les émotions ou la détente ».

  • La production musicale sous forme de communication, improvisation, création permettra quant à elle de pouvoir faire émerger les émotions telles que la tristesse, la peur ou la colère mais aussi la sérénité ou l’apaisement. Ces séances plutôt en groupe permettront à chacun de déposer et partager le ressenti.

  • Enfin le chant en groupe permettrait de renouer avec son corps par la respiration, l’ancrage, la vibration des sons. Le chant sollicite la concentration et la mémoire. Le chant permet l’écoute de soi et de l’autre. Le chant permet de solliciter son espace créatif.

A la fin des séances il est souvent dit « déjà ! », « j’ai oublié mes soucis », « je ne savais pas que j’étais capable de… », « c’est agréable de chanter avec les autres ».

La musicothérapie aide ainsi à rebrancher les fils du plaisir.

LES EFFETS DE LA MUSICOTHÉRAPIE

Et si nous troquions les pilules contre de la musique ? De plus en plus souvent, cette dernière est utilisée aujourd’hui dans certaines thérapies afin d’aider, par exemple, les personnes victimes de traumatismes crâniens, d’AVC ou atteintes de maladies comme Alzheimer et Parkinson.

Stimulant énormément d’aires cérébrales, les mélodies peuvent en fait réveiller des réseaux sensoriels moteurs ou compenser des fonctions cognitives endommagées grâce à la plasticité du cerveau.

Alors que se passe-t-il exactement lorsque nous écoutons de la musique ? Quel impact a-t-elle concrètement sur notre cortex ? Peut-elle remplacer les médicaments, voire nous rendre plus intelligents ? Explications en cinq minutes.

LE MONDE

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CHANTER POUR APPRENDRE LE FRANÇAIS

Ce texte raconte une expérience de musicothérapie « sociale » auprès de femmes migrantes apprenant le français. Elles ont bénéficié de sept séances autour de la voix et du chant pendant leurs cours habituels au sein du S.A.M.A. dans les locaux de la C.A.F..

Pourquoi chanter ?

Chanter pour se détendre, accepter de poser son sac et son manteau, s’étirer et peut-être rigoler là où on ne s’y attend pas.

Chanter pour partager un moment convivial, chanter sa langue, chanter la langue de l’autre.

Chanter pour prononcer les sons difficiles tels que U pour l’Arabe, J pour le Cambodgien et autres ON, EN, IN, é, è, I ou A.

Chanter pour s’imprégner des mots, les décortiquer, les ralentir ou les accélérer au rythme du tempo.

Chanter pour s’intégrer dans une culture, gamme de do (do, ré, mi, fa, sol, la, si) ou frère Jacques, c’est déjà une référence à la musique classique Européenne qui peut prêter à quelques accordages, nécessité d’écoute et d’entente.

Chanter pour laisser une trace de son passage et partager avec les familles grâce à l’enregistrement.

Christèle Houlmann